Partager l'article ! La vida porteña: Jejeje… Il paraît que je manque à mes admirateurs ? Bon, je vous avoue que l’objectif du début n’a absolument ...
Jejeje… Il paraît que je manque à mes admirateurs ? Bon, je vous avoue que l’objectif du début n’a absolument pas été respecté, comme vous avez pu le voir. J’espère que certains n’ont pas passé deux mois en allant sur ce blog tous les jours parce que les pauvres ont dû désespérer. Alors mille excuses, je me rattrape partiellement aujourd’hui. J’ai, comme vous vous en doutez, une tonne de choses à vous raconter. Plusieurs formats s’offrent à moi : un long article, un article coupé en deux (une partie sur la vie pratique, une partie sur le super clasico) ou une série d’articles évoquant chacun un thème précis. Le dernier me paraît ce qu’il y a de mieux mais un peu trop risqué à cause de ma fainéantise aigüe. C’est pourquoi je vais vous faire un super article (et j’écrirai un peu plus souvent). Première bonne nouvelle : j’ai un nouvel appareil photo (merci papa, merci maman). Je vais donc pouvoir illustrer mes écrits, et j’ai déjà des images en tête. Pour l’heure, pas de photos, juste du Olivier dans toute sa splendeur.
On commence par ma colocation. Celle-ci s’est vue révolutionnée par l’arrivée d’une Argentine en lieu et place d’une chilienne partie vivre avec son copain. Je vis désormais avec un équatorien, une chilienne, une colombienne et une argentine… Ce petit aparté va me permettre de vous expliquer un peu la culture latino et surtout les argentines. En deux mois de colocation, je n’ai jamais vu quelqu’un se coucher avant 00h00, même s’il avait cours le lendemain. La cuisine sent presque constamment l’odeur des cordons bleus s’attelant à la tâche et les filles avec qui je vis sont vraiment folklores. En prime, le samedi on fait généralement des repas à thème (sushi, tacos…) où un ami colombien, chef de profession, vient nous préparer des plats maisons. Le tout bien arrosé bien entendu ! Alors la partie marrante de la colocation est que je sois français. Lorsque nous parlons de nourriture ou culture, je ne peux pas m’empêcher de l’ouvrir (c’est plus fort que moi) en disant qu’en France on a ce qu’il y a de mieux. Clamant haut et fort que le vin argentin s’apparente à du vinaigre, que le fromage ici n’est qu’un pâle ersatz du vrai produit (les italiens me soutiennent), que les françaises sont bien mieux que les latines (je m’expliquerai) ou encore que notre patrimoine est de loin ce qui se fait de mieux en la matière (le mot mieux revient souvent). Alors bien entendu, je ne pense pas la moitié de ce que je dis (sauf pour le vin et le fromage), mais les latinos ont le sang chaud et les provoquer est un vrai régal. Ainsi, croyez bien que j’honore le français dans toute sa splendeur : arrogant, critique et épicurien (je leur ai appris le mot en espagnol…). Moi ça me fait mourir de rire de les voir s’exciter chaque fois que je vante les mérites de ma contrée, eux ça les amuse de me voir débiter mes conneries d’européen. Je vous rassure on s’entend très bien. Pour information, à l’unanimité, la cuisine péruvienne est la meilleure du monde avec plus de 500 spécialités différentes, surtout dans les fruits de mer. Donc, vous savez ce qu’il vous reste à faire chers amis…
Mais l’attractivité de ma colocation demeure dans l’arrivée de mon argentine. Je l’adore ! J’ai rarement connu une femme avec un tempérament pareil : susceptible au possible, folle à lier, très bonne répartie, encore plus fière qu’un hispanique ou un corse et qui en prime adore la culture française. Alors je vais vous expliquer pourquoi je l’adore : la provoquer est probablement le moment le plus jouissif de chacune de mes journées passées ici. Il suffit que je lance une petite critique sur l’argentine pour que la demoiselle me fusille du regard, me tance en espagnol et lance des sarcasmes à l’encontre de la France. Un régal ! Mais ce qu’il y a encore de plus drôle, c’est que la mina elle adore vous dire à quel point vous pouvez être con ou stupide dans certaines situations. Or, moi, étant français, elle m’épargne. Par contre, mon coloc’ équatorien… J’ai rarement vu quelqu’un se faire réprimander (gentiment ceci dit) autant. Le pauvre, s’il dit une connerie, il se fait mitrailler par deux yeux perçants prêts à dégainer. Il préfère encore ne rien dire plutôt que de se lancer dans une vaine bataille. Et, aimant particulièrement le chambrer, je me joins à elle par moment. C’est très drôle parce que quand on se retrouve à trois, les sarcasmes fusent. J’ai eu droit au même genre de réaction avec notre amie Laura fraîchement revenue de France. Alors Laura, la France c’est mieux non ? Hihihi je me suis fait incendier. Au passage, elle m’a dit que les français étaient moribonds dans la rue, ils n’ont pas cette joie de vivre qui les différencie du voisin espagnol. J’ai essayé de nous défendre comme j’ai pu mais difficile de contrecarrer une vérité. Ceci dit, je ne vous parle pas de tout cela par hasard. Dans un de mes premiers post, je vous avais parlé de la femme argentine, de son comportement, sa façon d’être… Depuis, j’ai revu ma position et j’ai surtout changé d’avis. Selon Laura, les argentines sont folles (ce n’est pas moi qui l’ai dit). Je la rejoins en rajoutant, comme ils le disent tous ici, qu’elles sont hystériques. Et je déconne pas, il faudrait les enfermer parfois. Bref, il vaut mieux agir avec des pincettes… Mais ceci dit, quand on voit comment se comportent les argentins, on peut les comprendre. L’espace privé, l’intimité, sont des mots qui n’existent pas ici. Lorsqu’un argentin vous parle, après vous avoir fait la bise, il vous touche et vous malaxe. Ainsi je comprends ce que ressent de la pâte à modeler dans les mains d’un gosse de 7 ans (Claude doit être un argentin qui s’ignore… ). Mais dans leur manière d’être, ils sont plutôt…directs ! A tel points que les argentines me disent qu’il faut frapper pour qu’un type comprenne qu’il ne les intéresse pas. Je vous le dis, c’est un pays de fous. Ceci dit, les gens sont charmants.
J’ai décidé de briser ma routine en ne prenant le métro que le matin. En effet, c’est une vraie merde (appelons un chat, un chat). Rarement à l’heure, rempli de monde, idéal pour les pickpockets, lent et franchement insupportable, j’ai opté pour le bus. Décidément, j’adore ce moyen de transport. Vous sautez du bus qui roule encore pour pouvoir descendre, vous êtes balancés dans tous les sens, impossible de savoir où vous allez ni à quel arrêt vous arrêter. Mais honnêtement, c’est assez fun. La dernière fois, un type appelle le bus de la main pour qu’il s’arrête, le bus ralentit, il était encore à 20m de l’arrêt. Le type en profite pour dire au revoir à ses amis. Erreur ! Le chauffeur a ré-accéléré s’en prendre la peine de s’arrêter. J’étais explosé de rire. Je trouve que les transports en commun sont une belle vitrine de l’Argentine : un vrai bordel mais tellement joyeux qu’au final, si c’est le chaos total, il fait bon vivre là-bas.
Par contre, c’est pour les argentins que la vie est particulièrement difficile. Car si notre amie Laura est particulièrement privilégiée, on ne peut pas en dire autant de la majorité des gens. Je discutais avec une femme de 36 ans dans mon cours de contrôle de gestion dont la moitié des étudiants doit avoir plus de 30 ans. Elle m’expliquait que les gens travaillent et étudient en même temps et qu’ils pouvaient étudier longtemps ou reprendre leurs études afin de trouver un meilleur emploi. Elle, par exemple, travaille dans une entreprise depuis l’âge de 18 ans tout en faisant ses études à côté. Pas évident ! Pire, la UADE (l’université où je suis) est extrêmement bien lotie. Elle m’a alors appris que la faculté de médecine et la UBA (université de Buenos Aires) étaient très très réputées. En effet, les profs viennent quand ils veulent, c’est à peine s’il y a des chaises, il faut parfois s’asseoir sur le sol pour étudier, il n’y a absolument pas d’argent ! C’est véritablement incroyable (car Buenos Aires, si elle n’est pas riche, n’est pas ultra-pauvre non plus). Elle me racontait que pour obtenir un livre ou pour suivre une classe, c’était la galère, chaque fois. Ainsi, les gens qui arrivaient à être diplômés dans de telles conditions ne pouvaient qu’être intelligents (et très débrouillards). Et dire que ces universités tiennent leur réputation grâce à leur insalubrité, tout simplement ahurissant.
Passons à quelque chose de plus joyeux : la nourriture argentine. Je persiste et signe qu’elle n’est absolument pas riche. Et tous mes colocs’ me le disent, culinairement parlant, ce pays est pauvre. A part la viande, sans déconner elle n’est pas si incroyable que cela ou alors j’ai jamais eu de chance, on ne peut pas dire que le pays soit un repère de cordons bleus. Néanmoins, j’ai découvert un plat absolument fantastique : le matambre (mata hambre qui se traduit par : tue-la-faim). C’est un espèce de ragoût de viande et d’oignons verts avec du vin blanc dedans et d’autres trucs. Absolument divin. Je vous le recommande vivement, c’est particulièrement riche (dans les deux sens du terme).
A l’heure argentine : oubliez la ponctualité. Il y a deux mois de cela, un ami argentin me disait : « les européens me font rire, ils arrivent ici, ils sont toujours super ponctuels. Cinq mois après, ils sont encore plus en retard que nous ». Au moment où il m’a dit ça, j’ai rigolé en lui disant que je l’étais et que ça ne risquait pas de changer. J’ai encore loupé une occasion de la fermer. Le fait est que lorsqu’un cours commence à 7h45, j’arrive à 8h00 tranquillement en me disant que de toute façon j’aurai 15min d’avance sur le prof. Puis ça passe à 8h15… Pareil pour les fêtes, rendez-vous à 21h ! Ca marche . Et bien entendu, arrivée à 00h00 ou 1h00 du matin. Lorsqu’un rendez-vous est fixé, j’ai de plus en plus de mal à être à l’heure. Et il ne me vient même plus à l’idée de m’excuser pour mon retard… Ca m’inquiète franchement… Je sais pas comment je vais faire quand je vais revenir héhé. Comme prévu, le bracelet de ma montre a cédé. Et en réalité, j’ai toujours pas remplacé ma montre. Là où en France j’aurais aussitôt accouru pour avoir un nouveau bracelet, ici je me sers de moins en moins de ma montre. Le temps est une notion abstraite et comme disait Goethe : « rien n’a plus de valeur qu’aujourd’hui ». Alors ça ne sert plus à rien d’avoir une montre. Ah oui, papa, maman, si j’ai du retard en venant vous chercher à l’aéroport, vous en faîtes pas, c’est normal… Je comprends maintenant pourquoi on dit que le stress est une maladie à l’européenne... C’est pas un argentin qui en mourrait, croyez-moi.
Petite parenthèse, on me dit souvent : Vous les européens. Et non vous les français. Pour un latino, un français, un italien ou un espagnol est un européen. Apparemment il n’y a guère qu’eux pour avoir assimilé qu’on était davantage européen… Je trouve ça marrant. Sinon, la Dengue serait à Buenos Aires. Pour le moment, j’ai vu des panneaux d’information. Le pire c’est que ça m’inquiète autant que la grippe a (c’est-à-dire pas du tout). Bien que la ville soit calfeutrée de panneaux de prévention…
Vous l’aurez compris, ici le rythme de vie est tranquille (je n’utilise pas ce mot par hasard). En plus, le temps s’améliore de jour en jour et il commence à faire chaud. Lorsque quelque chose ne va pas, on hausse les épaules en se disant qu’il y a bien une solution, ça ne sert à rien de s’inquiéter. C’est un peu comme quand vous prenez le bus en Argentine, vous ne savez pas vraiment où vous allez, vous verrez bien. En attendant, c’est marrant et vous aimez bien. Alors bien entendu, tout n’est pas rose. On s’est tous fait voler quelque chose au moins une fois et une amie s’est fait braquer par un taxi qui avait un flingue. Mais, devant la vague de problèmes que traverse le pays, il fait bon y vivre. Je serais incapable de vous expliquer pourquoi, c’est ça le pire. Il y a peut-être mille fois plus de problèmes qu’en France. Mais les gens sont heureux dans l’ensemble ou, du moins, ils respirent la joie de vivre. Bon bien entendu, certains mauvais côtés me font bondir. Mais en général, c’est agréable d’être ici. Sans déconner, vous êtes à un café dans la rue, vous interpellez la personne d’à côté, 9 chances sur 10 qu’elle vous dise : « Oh mais tu viens d’où toi ! De France ! Tu parles bien espagnol ! C’est parfait, parle-moi de ton pays ! Ah ici c’est vrai que c’est différent mais on est comme ça nous tu sais, c’est ainsi, tu nous changeras pas. » (et tant mieux). Bref, je résume, mais c’est l’esprit des conversations alors qu’en France c’est à peine si vous pouvez demander l’heure. En fait, à part pour la nourriture, c’est vraiment facile de s’adapter en Argentine. Je vais aller faire un tour du côté des plages Piñamar ou Villa Gesel en Novembre. Je me ferai un plaisir de vous conter tout ça pendant que l’hiver approchera du côté de chez vous…
Voilà pour un aperçu global de la façon de vivre ici. Bien sûr, je me suis répété, il y a des choses que j’avais déjà dites. Mais tous les points soulignés me paraissent importants. A venir, les visites de Puerto Madero et San Telmo ainsi que des photos (enfin). Maintenant je vais vous parler de la 8ème merveille du monde : River – Boca. (c’est très important le foot).
Un argentin ne risque pas l’infarctus étant donné que le stress n’existe pas. Au vue des dernières prestations de l’albiceleste en éliminatoire et la qualification de justesse, il ne faut vraiment pas être cardiaque… A peine remis des émotions avec la sélection que le derby le plus chaud du monde (en fait non, c’est independiente – racing, appelé également le clasico de Avellaneda. J’en suis sûr, c’est encore mieux !) faisait déjà la une de toutes les télévisions du pays. Depuis une semaine, les journaux du pays ne parlent que de ça ! Et bien entendu, j’étais comme un fou après avoir obtenu une place pour le précieux sésame !
C’est donc avec 300 intercambios que je suis parti voir le match au Monumental, le stade de River, dans la popular de River (j’étais frustré). On m’a dit de ne pas porter le maillot de Boca ainsi que de pas dire que j’étais fan de l’équipe boquense, sinon les supporters me tueraient. Les argentins me font rire quand ils me disent ça… A croire qu’ils nous prennent vraiment pour des cons parfois. Bref, le stade est bien plus grand que la Bombonera, pas pour rien que la sélection y joue, et ne se situe pas en plein quartier au cœur des maisons. Après avoir passé une dizaine de barrages avec des policiers en panique, nous pénétrons dans l’enceinte. Le stade est vraiment beau ! Encore une fois placé derrière les buts, on voit très bien. En plus, les 90% du stade s’était paré de blanc et rouge, couleur des gallinas de River. Avant la rencontre, on assiste à un match des deux réserves. Il n’y a pas encore beaucoup d’ambiance malgré que le stade soit comble ! Même si à chaque fois que les attaquants réservistes de River s’approchent du but de Boca on entend des « Wooooooooooooooh » ! Puis, arrive l’équipe de River ! Les poules entrent sur le terrain et aussitôt tout le public se met à chanter. La pluie de papier habituel vient inonder le ciel. Les chants résonnent et tout le stade s’accorde à l’unisson pour encourager ses joueurs. La capacité doit être d’environ 60 000 personnes je pense (à vérifier), 55 000 personnes chantant la main sur le cœur, ça vous prend au trip. Bon bien évidemment, je ne chante pas et étant dans la popular de River, je me fais petit. Tous les intercambios chantent et dansent et encouragent River à l’exception de 2-3. Ceux-là même qui chantaient en faveur de Boca lors du match de Newells. C’est un peu ce qui me désole, et on m’avait prévenu, quelle que soit la couleur de l’équipe, les gens viennent se divertir et assister à un match. Ils soutiennent l’équipe qui joue à domicile. Si le fair-play et la sportivité peuvent être loués, je fustige cette attitude comme chaque véritable fan. Un supporter de Boca ne soutiendra jamais River et la réciproque est vrai. Ce match reflète une histoire qui existe depuis la nuit des temps : les riches contre les pauvres. C’est bien plus qu’un match de foot, c’est l’affrontement entre deux idéaux, deux manières de vivre, deux histoires, deux clans de Buenos Aires. Et plutôt que de le faire avec les couteaux, c’est 22 personnes qui vont décider quel clan sera vainqueur pendant 6 mois. Et quel clan pourra parader devant l’autre. Alors voir des touristes chanter pour un truc qu’ils ne connaissent pas, juste parce que c’est fun, ça me désole. C’est pour ça que le derby de l’Avellaneda vaut plus le coup selon moi, il n’y a pas de touristes, seulement des fans !
Bref, mon voisin mexicain de gauche, celui-là même qui supportait Boca un mois auparavant, me dit qu’aujourd’hui il sera pour River. Il rajoute également que je suis ennuyeux à ne pas chanter et à ne pas danser. J’ai préféré me taire plutôt que de m’énerver. Si tous les gens faisaient pareil, tout le monde supporterait des équipes victorieuses et les stades seraient des salons de thé sans rivalité… Les argentins à côté de moi, les vrais fans respirent la haine de Boca tout comme je peux les détester parce qu’ils sont de River (mais je la ferme parce que sinon ils me tuent). C’est ainsi, c’est le football, et c’est beaucoup plus beau et noble que ce que les gens peuvent penser. Pénètrent alors sur le terrain les joueurs de Boca Juniors ! Aussitôt une bronca vient les accueillir, des sifflets à n’en plus finir traduisant la haine des millonarios de River pour les bosteros de Boca. Et le match commence sous les fumigènes, les pétards et les papiers qui virevoltent dans les airs. En face de nous, la tribune des hinchas de Boca. Ils ne sont que 4 000 mais on les entend chanter ! 4 000 contre 50 000 ! Et à ma grande surprise, les fans de River leur répondent mais ne mènent pas les chants alors qu’ils sont en surnombre. Néanmoins, le déroulement de la partie va raviver la voix des supporters de River. Ortega, attaquant de River, s’enfonce dans la surface et un défenseur de Boca ne trouve pas meilleure solution que de lui faire un superbe croque-jambe : penalty. Le stade exulte ! Ortega s’en charge, je crois que ce fut lui, une formalité. Les fans de River sont en extase. Ortega le tire, but ! Non ! Abbondanzieri, le gardien de Boca le sort, les supporters de River sont dépités. Moi, j’avais déjà la tête baissée. Quand je vois le gardien sortir le penalty, je jubile intérieurement. A côté de moi je regarde les fans, je les respecte vraiment. Ils sont à fond pour leur équipe, vivent ça au plus profond de leurs trippes. Et même si c’est le clan adverse, on ne peut que les respecter. Et malgré ce coup du sort, ils continuent de chanter car ils espèrent… Boca est sous-pression en première mi-temps et un tir rasant le poteau vient confirmer cette impression. Pongan huevos, merde ! Pensai-je intérieurement (je vous traduirai pas). Vers la 30ème, mes craintes sont confirmées, coup-franc excentré à l’entrée de la surface. Gallardo le frappe, pleine lucarne. Le stade exulte, des cris de joie remplissent les travées. La liesse générale provoquée par ce but plonge le stade au bord de l’hystérie. Les chants redoublent d’intensité, les supporters de Boca ne se font plus entendre. Les joueurs de River se sentent pousser des ailes et Boca souffre vraiment. Merde pensai-je intérieurement. A la mi-temps, les joueurs de Basile, entraîneur de Boca, regagne les vestiaires la tête basse. Le public est chaud bouillant ! Au début de la deuxième mi-temps, une pluie de papier s’abat de nouveau, on ne voit même plus le terrain…
L’entame de la seconde période est à l’avantage des joueurs boquenses qui ont décidé de réagir. Coup du sort, Riquelme lance Gaitan, attaquant de Boca, qui se joue du dernier défenseur de River. Ce dernier ne peut rien faire d’autre que de le sécher d’un tacle bien appuyé. L’arbitre sort un deuxième jaune, le défenseur de River finira le match dans les vestiaires. Toujours intérieurement, je savoure ce moment… durant 5 petites minutes. Le ballon sort en touche, un milieu de terrain de River ne veut pas donner la balle à Caceres, défenseur de Boca, pour qu’il la joue rapidement. Ce dernier, très intelligemment, lui fout une gifle. L’arbitre le sort immédiatement. Quel con ! Et voilà, 10 contre 10… Mais comment lui en vouloir ? Les joueurs sont formés dans les clubs, ils sont rarement issus de transfert. De ce fait ils sont imprégnés de la haine ambiante ! Ils veulent gagner, coûte que coûte ! Dans un match Boca – River en junior, l’arbitre a expulsé 7 joueurs suite à une bagarre générale de 9 min… Et ces mêmes juniors se retrouveront 4 ans plus tard au Monumental pour se livrer bataille à nouveau, c’est ainsi que ça fonctionne. Les supporters de Boca se font entendre, malgré la défaite qui s’annonce. Je commence à trouver le temps long, rongeant mon frein, prêt à me faire chambrer par tout le monde suite à mes nombreuses provocations de la semaine (j’avais annoncé haut et fort que Boca mettrait une raclée à River). Lorsque soudain, Riquelme, encore lui, transmet à Mouche, ou Gaitan, dans la surface qui remet immédiatement en talonnade sur Palermo, l’attaquant historique de 36 ans de Boca Junior. Ce dernier ne se fait pas prier pour transformer l’offrande d’un extérieur du droit qui vient se loger dans le petit filet d’un gardien de River trop lent à sortir. Yes ! Le plus frustrant fut de ne pas pouvoir crier. Une intercambio, elle aussi fan de Boca, me glissa un sourire en coin : oh oui on s’est compris. Les 4 000 hinchas de Boca s’approprient le stade : on n’entend plus qu’eux ! Et on n’entendra plus qu’eux jusqu’à la fin ! A part sur une contre-attaque de River et une énorme erreur de la défense de Boca où gallardo trouvera le poteau, Boca dominera allégrement jusqu’à la fin du temps réglementaire. Le génie, Riquelme, manquera de peu un but sur un coup-franc finement joué. Viatri se fera reprendre par la défense de River alors qu’il était en face à face avec le gardien, ratant son contrôle et ainsi l’occasion d’humilier River sur son terrain. Mais à vrai dire, la fin du match, je l’ai à peine observée. Je regardais avec admiration les fans de Boca et de River qui chantaient et se répondaient. C’était juste magnifique, les fans de Boca donnaient de la voix et ceux de River rétorquaient aussitôt. Comme si le match n’avait aucune importance, comme si le fait d’asseoir sa domination dans les tribunes relevait du vital. Sous un crépuscule naissant, les deux clans de supporters chantaient et chantaient, et ce, jusqu’à la 90ème minute. A la fin, les fans de River applaudirent leur équipe. Et ceux de Boca ? Hilares, ils ne s’arrêtaient plus d’hurler leurs hymnes ! On n’entendait plus qu’eux ! Et bien que les fans de River diront que c’est stupide, c’est bel et bien Boca qui sort vainqueur de ce duel. D’une part, ils ont gagné la bataille des tribunes, d’autre part, faire match nul sur le terrain du rival s’apparente à une victoire. Ils pourront faire la fête à la Bombonera, ce derby était le leur ! Malheureusement, on ne retiendra que le résultat…
Une fois l’enceinte du stade quittée et plus aucun fan de River autour de moi, je me lançais dans une provocation avec les intercambios, en essayant de leur expliquer à quel point leur équipe de gallinas ne valait rien. Les rares fans de Boca étaient en tout point d’accord avec moi. Et à ce jeu du « je te déteste moi non plus », je suis particulièrement doué pour irriter mon petit monde. Et si l’ambiance n’a rien de comparable avec un stade de ligue 1 tant elle est bouillante, je reste sur ma faim. Le stade de River, bien que plus grand, manque d’énergie et de ferveur. J’ai hâte d’être au semestre prochain et d’aller voir ce match à la Bombonera. Ce sera une autre histoire… Et cette fois-ci, Boca gagnera ! Néanmoins, je vais essayer d’aller voir Independiente – Racing. Et je soutiendrai Racing bien entendu (c’est l’équipe de Laura). Apparemment, il y aurait davantage de passion !
A tous ceux qui n’aiment pas le foot, désolé de prendre autant de temps à raconter ces matches-là. Mais River – Boca est une institution ici, c’est quelque chose de très important. Le pays était presque à l’arrêt durant cette semaine… Mais promis, dans mes prochains posts, je ne parlerai plus de football. C’est juste que là, je ne pouvais pas passer outre. Allez hop, photos et vidéos en prime :
La popular et ses fameuses banderoles verticales. Je n'étais pas placé là ;)
Le début du match avec la pluie de papier qui vient de tomber et les fumigènes! Les supporters sont chauds bouillant!
Une banderole de Boca qui stipule qu'il n'existe qu'une Doce dans ce pays et sans équivalence possible: la leur!
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bueno , soy hincha de boca tambien !
si tu quiere hablar con nosotros sos el bienvenido ..
http://elbarriolatino.forumactif.net/forum.htm
me llama El Xeneize en el foro !
hasta la proxima viejo