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Je vous préviens tout de suite, dans cet article je parle de foot, et de la Boca! Les trois larons, alias Nunudu75,
Claude et mon beauf, vont adorer! (champi et beber aussi accessoirement).
A ceux qui ne le savaient pas encore, et ils doivent se compter sur les doigts de la main, aujourd'hui j'allais pour la première fois dans l'un des quartiers les plus réputés, et l'un des plus
pauvres également, de Buenos Aires : La Boca. Et ce pour aller voir l'équipe que je soutiens depuis plus de trois ans et demi : Boca Juniors (pour information, le club le plus titré du monde
derrière Milan). Bref, après avoir revêtu mon maillot de Boca, direction la plaza de Mayo pour prendre un bondi, ou bus si vous préférez, avec une trentaine d'intercambios. Hihi, un quilombo
total! Après 15 minutes de trajets durant lesquelles les rares beaux immeubles de Buenos Aires se sont éclipsés pour laisser place à un panel d'édifices aussi délabrés et décrépis les uns que les
autres, nous arrivons à bon port, au "Caminito". Le Caminito est le graal pour les touristes venant à la Boca : C'est une rue pavée de maisons colorées très typiques, avec beaucoup charme. Bon
c'est un lieu pour touriste, c'est sûr, mais là il n'y en avait pas : D'une part parce qu'on était le soir et qu'il ne faut jamais aller à la Boca le soir, d'autre part parce qu'aujourd'hui Boca
jouait! Après une brève visite, honnêtement c'est très mignon mais ça ne sert pas à grand-chose de s'y attarder, nous nous entassons tous dans un bar pour boire de la bière. La propreté du bar
laisse à désirer mais un argentin qui nous accompagne nous dit que ce sont là les charmes de la Boca...
Vers 19h00, 1h30 avant le coup d'envoi, nous décollons et nous dirigeons vers le stade qui se situe en plein dans le quartier, au milieu de toutes les maisons! Hallucinant! A partir de là, nous
passons devant les hinchas (fans) de Newells (l'équipe adverse), franchissons 4 barrages de flic, nous faisons fouiller trois fois et arrivons au stade. Alors, pour faire simple, dans un stade
vous avez les latérales et les tribunes derrières les buts. Le mieux ce sont les latérales. Bien entendu, j'étais derrière les buts. Mais, je ne le regrette pas et vous allez comprendre pourquoi.
Le stade, d'une capacité de 40 000 places, a été construit de telle façon que les tribunes sont très droites et très proches de la pelouse. En étant derrière les buts, vous vous trouvez vraiment
très très près du terrain. Et vous voyez tout, mais absolument tout de manière impeccable. Et de la vient son nom de Bombonera (chaudron) car les tribunes sont tellement proches que les joueurs
ont l'impression que le public peut leur sautait dessus à chaque instant, c'est ce qui en fait un stade particulièrement craint par les visiteurs. Le second avantage d'être derrière les buts,
c'est pour la population qui vous entoure, alors que les latérales sont réservées aux riches ou aux touristes qui ont eu des places, derrière les buts on retrouve le kop de supporter (la doce) et
le milieu populaire. Nous n'étions pas dans la doce, où là ce sont les fans purs et durs de Boca, mais nous étions dans la tribune en face. Le point noir, du moins au début, c'est que dans les
latérales les places sont assises, dans les tribunes populaires, vous êtes debout pendant 2h. Alors, en réalité, c'est exceptionnel. De toute façon, vous ne restez pas assis à la Boca, tant
l'ambiance est fascinante : ce match, c'est debout qu'il faut le voir, à l'instar d'un concert.
Avant le match, la Doce prête à enflammer la Bombonera!
Tout le monde sautille en se tenant les épaules, le stade tremble! C’est ce qu’on appelle les « latidos » de la Boca (latidos se traduit par battements du cœur). Ici il faut comprendre que la ferveur des supporters est telle, que le stade tremble à l’unisson de la même manière que les battements du cœur humain. Des milliers de papier et de banderoles sont jetés dans les airs et les voix résonnent encore et encore pour pousser Boca. A ce propos, vu qu’on est dans la populaire, on peut se mettre où l’on veut mais nos amis argentins nous ont dit de bien rester sous le toit ! En effet, au-dessus de nous, ce sont les supporters de Newell’s. Autant dire qu’il ne vaut mieux pas s’y risquer malgré la présence policière.
Corner
pour Boca, l'intensité redouble!
Concernant le match, il ne restera pas dans les anales. Une première mi-temps soporifique tandis que la deuxième a été plus rythmée par intermittences. On retiendra la prestation de Riquelme, et tout le stade chantant « Riqueeeeeeeeeeeel Riqueeeeeeeeeeel Riqueeeeeeeeeeeel », qui nous a gratifiés de quelques gestes techniques et passes lumineuses (mais il n’était pas à son top). Alors que la monotonie des chants gagnaient le stade et que l’on commençait à trouver le temps long ; un centre perdu de l’ailier de Boca arrive dans les pieds de Viatri, attaquant de Boca, suite à un arrêt du gardien de Newell’s. Ce dernier ne se fait pas prier pour fusiller le goal. Aussitôt, c’est une liesse hystérique qui enflamme les travées et les latidos repartent de plus bel ! Les supporters déchaînés encouragent encore plus, les deux tribunes populaires poussent leurs joueurs jusqu’à ne plus avoir de voix. Boca se sent pousser des ailes et repart à l’attaque ! Après cinq minutes particulièrement douloureuses pour Newell’s, et notamment sa défense, c’est le dépit qui envahit le stade. Sur une contre-attaque éclair de Newell’s, Boca se fait rejoindre au score dans un silence de cathédrale de… 30 secondes à peine. Car, voyez-vous, il en faut plus pour faire taire les hinchas de Boca. Aussitôt toutes les tribunes se remettent à donner de la voix pour mener Boca vers la victoire : « Vaaaaaaaaaaamos Xeneize, tenemos que GANAR !!! ».
L'entrée des joueurs, il pleut des banderoles!!!
Riquelme sur le point de tirer un coup-franc!!!
A croire que les joueurs étaient fatigués ou à court de forme car la fin de match a tourné à l’avantage de Newell’s et je ne sais pas trop comment Boca a pu tenir le score… Quoiqu’il en soit, l’événement de cette deuxième mi-temps fut le gardien de Newell’s, placé juste devant notre tribune. Alors, il se faisait déjà copieusement siffler et insulter parce qu’il jouait trop lentement. Mais lorsque son équipe a égalisé, il s’est retourné vers nous en sautillant de joie, plaçant ses mains derrière ses oreilles et nous haranguant de la manière suivante : « Je ne vous entends plus ». Pendant 40 minutes, il a été servi. Sous une pluie diluvienne de « Putos, hijo de puta, la puta que te pario… », il s’est fait des amis… Et heureusement pour lui qu’un grillage nous séparait de lui… A la fin du match il a remis ça, contribuant à renforcer la véhémence des hinchas ! Lorsqu’il reviendra ici l’année prochaine, je ne pense pas que les supporters auront oublié … A la fin du match, nous devons attendre 30 minutes avant de sortir de l’enceinte puis tout le monde rentre chez soi en but.
J’ai déjà prévenu que dans deux semaines j’allais y retourner, essayant de trouver des places à leur vrai prix (c'est-à-dire 30 pesos et non 100). En effet, il y a plus de socios que de places dans le stade, donc pour obtenir vos places, vous devez aller voir les socios qui les revendent… (se faisant une marge de 200% sur le billet quand même). Mais la Bombonera, c’est vraiment quelque chose d’unique en son genre. De toute ma vie, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu une telle ambiance ! Et attendez un peu, si l’Argentine se qualifie pour la coupe du monde (ce soir ça va être très très chaud), et qu’elle la gagne… Je n’ose même pas imaginer le chaos que ça va être dans les rues !
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