Eh beh, ça commence à faire un sacré bout de temps que je n’ai pas écrit ici. Je comptais le faire plus tôt mais à cause d’une idée géniale, ou stupide selon le point de vue, de Beber, j’étais occupé à faire autre chose. Bref, cette semaine, j’ai noté tout plein de trucs à vous raconter mais j’en ai oublié les trois quarts, faute d’avoir pris des notes. J’ai quand même de jolis restes et à vrai dire, je ne sais pas vraiment par quoi commencer. Le plus judicieux me paraît être les cours (ne l’oublions pas, je suis aussi ici pour étudier).
La première chose que je pourrais dire à propos des cours argentins, c’est qu’aller en classe en plein mois d’août, ça fait vraiment bizarre. Bref, il n’y a pas grand-chose à raconter sur ce sujet si ce n’est qu’une classe argentine… ça reste un peu particulier. Embarqué dans un cours de philosophie argentine je ne sais trop comment, et que j’ai laissé tomber au passage, j’ai assisté à un débat entre tous les étudiants de la classe. Première leçon pour la prochaine fois : acheter des boules quiès. Parce que les argentins débattent de manière assez virulente, pour ne pas dire véhémente, il vaut mieux ne pas se trouver au cœur de la mêlée. Et je peux vous assurer que ça ne sert à rien de bien construire ses phrases. Ici on vous coupe la parole tout le temps, à noter que le langage corporel est de mise ici, et vous avez intérêt à augmenter le volume pour vous faire entendre. De plus, lorsqu’un professeur pose gentiment une question, ça ne sert à rien de risquer une crampe du poignet en levant la main car, sauf dans les cours où y a plein d’intercambios, ça sera à celui qui dégainera le plus vite (les Lucky Luke en herbe courent les rues ici). En outre, vous pouvez sortir et revenir dans la classe quand ça vous chante. Ainsi sont les cours ici, un ballet incessant d’étudiants qui vont et viennent au gré des appels de leurs téléphones portables ainsi que des envies subites de caféine. Le plus dur je dirai, c’est le cours de Direccion de proyecto que j’ai à 7h45 le mercredi matin. Nous sommes environ 42 dont les 2/3 sont des filles. Les argentines, jeunes qui plus est, ont tendance à raconter leur vie de manière très « vivante » et « passionnée » à tel point que de simples anecdotes prennent la tournure de longues stances élancées où chaque mot est marqué d’une intonation enflammée. Autrement dit, j’ai rarement vu un tel raffut à 8h du matin dans un cours. J’en avais mal à la tête… Ah oui, en tant qu’intercambio, les professeurs prononcent mon nom de famille dans leur langue. Les « Dé félitché » sont monnaie courante ici, ce n’est pas pour me déplaire. Ah, et j’allais oublier le plus drôle. Chaque fois qu’un professeur, mâle de surcroît, se présente, il n’oublie jamais de mentionner l’équipe de foot qu’il soutient…
L’autre fait marquant de la semaine reste la nourriture. J’ai goûté du maté, je ne sais pas si j’en ai parlé avant, ainsi qu’une parrilla. Alors pour le maté, qui est aux argentins ce que le café est aux français, on repassera. Cette espèce de mix entre le thé et les herbes infusées possède un goût absolument infect. On m’a dit que les trois premières fois je n’aimerai pas et qu’ensuite, ça me plairait. Je vais encore le goûter 2-3 fois et je vous dirai ce qu’il en est (je reste très sceptique quant à mon accoutumance à cette boisson). Quoi qu’il en soit, pour votre gouverne, le maté, qui se boit dans un récipient très joli et très typique de l’Argentine, est un met dont les argentins raffolent et dont ils sont complètement accros. Allez savoir pourquoi … La parrilla quant à elle, c’est l’autre dada des argentins (en dehors des asados, ou barbecue si vous préférez). On en trouve à peu près dans toutes les rues. Alors la parrilla est un plat local composé de huit, ou plus je crois, morceaux de viande différents que l’on vous sert sur un grill tout chaud. La présentation est très jolie, le contenu c’est une autre histoire. Le problème avec les argentins, c’est qu’ils sont férus de viande. A tel point qu’ils mangent toutes les parties du bœuf. Mais lorsque je vous dis toutes, c’est toutes : intestins, foie, reins… Et que ces charmantes petites choses font partie des morceaux que l’on vous présente lors de la Parrilla. Manque plus que les cojones et l’on a la totale. Apparemment, beaucoup de personnes aiment, ce qui n’est pas mon cas. En plus, la Parrilla où j’étais n’était pas vraiment bonne (histoire de couronner le tout). J’attendrai d’en goûter une meilleure, sur conseil de Laura, pour vous dire ce qu’il en est réellement.
Petite parenthèse, à propos du foot ici. Lorsqu’on vous dit que les argentins sont des mordus de foot, sans déconner, c’est un euphémisme. Il faut savoir que Laura et Leo supportent San Lorenzo. Donc il m’est strictement interdit de supporter Boca devant eux (sans rire). Laura m’a dit qu’une équipe de foot était une question de vie ou de mort… Ok ok… Là pendant que je vous parle, il y a un match San Lorenzo vs Tigre, et mes deux charmants hôtes sont devant la télé en train de manger et ont sauté de joie parce que San Lorenzo vient de marquer… Et Laura autant que Leo. En outre, le championnat national a été retardé à cause d’un problème de salaires entre club et joueurs. Le problème a été résolu. Cela a fait la une et les deux premières pages des quotidiens nationaux, devant toutes les autres nouvelles… Enfin, un petit mot à propos de Maradona. Croyez-moi, tous les argentins sont loin de l’adorer. A l’unanimité, ils le considèrent comme un joueur de foot de génie. La majorité pense que c’est le pire entraîneur que la sélection puisse avoir (véridique). Et, selon la classe sociale, il est adulé ou mal aimé. Ah et pour l’anecdote, j’ai joué une partie de foot avec les intercambios, un futsal en 5 vs 5. Là encore, ça vaut le détour. Car les argentins font les commentaires en même temps que le jeu, c’est très divertissant. Surtout le « toca toca toca », je vous expliquerai.
Concernant les filles argentines, ça fait plusieurs fois que l’on m’en parle. A chaque fois, et je peux vous assurer que je ne déforme rien, un mot revient : « Las chicas son histéricas ». Ca n’a pas le même sens ici, c’est un peu moins fort que chez nous (je crois). Mais dans tous les cas, les filles sont mentionnées comme ça. On m’a dit : Surtout ne sors pas avec une latine, elles ont un caractère horrible et un tempérament de feu ! Euh, je vais vous présenter quelques filles de mon entourage pour vous prouver le contraire… Quoi qu’il en soit, séduire une fille ici est une épreuve. Quelle que soit votre approche, elle dira non, tout le temps. Il faut insister, insister et encore insister… Les argentins me disent qu’ils préfèrent avec les françaises parce que l’on sait tout de suite si c’est bon ou pas (c’est une théorie). Alors on m’a conseillé de faire semblant de ne pas savoir parler espagnol et de parler français. A voir…
Ah et pour la petite histoire, je fais hurler Laura parce que je lui ai dit que j’allais prendre des filles pour les emmener en soirée. Sauf qu’en espagnol, le verbe prendre a d’abord pour signification le côté sexuel de la chose… Je me suis fait reprendre illico pronto ! Je termine là mon article, si d’autres choses me reviennent je vous en parlerai en même temps que mon futur logement que je devrais trouver dans peu de temps. (je vais vous parler un peu de l’immobilier argentin et des pilopos, ça vaut son pesant d’or).